Né en 1991 en Corée du Sud, Jongmo Kang travaille entre Genève, Lausanne et Séoul. Ancrée dans un queerness ontologique, la pratique pluridisciplinaire de lui appréhende la forme comme un « entrelacs de forces » en mutation perpétuelle. Dans des matériaux fragiles ou instables — voile, latex, hanji, plexiglas —, le lissage de ses surfaces, sous une esthétique clinique et dépouillée, fait de l'autocensure face aux normes une forme en soi : un cri épuré. Refusant la verticalité souveraine, ses sculptures engagent une dynamique de l'appui fondée sur l'interdépendance, tandis que ses photographies guettent le frémissement infime où une structure se maintient au bord de la défaillance. Le corps et sa vulnérabilité n'y sont jamais représentés, mais déplacés dans des dispositifs qui transfèrent la charge plutôt que de l'exhiber. Nourrie de Glissant, Butler, Barad et Zhuangzi, et d'une filiation post-minimaliste (Hesse, Morris, Serra), sa démarche fait de l'opacité une position — esthétique autant que politique.

1991년 한국에서 태어난 강종모는 제네바, 로잔, 서울을 오가며 활동한다. 존재론적 퀴어니스에 뿌리내린 그의 다학제적 실천은 형태를 끊임없이 변이하는 "힘들의 얽힘"으로 사유한다. 베일(voile), 라텍스, 한지, 플렉시글라스 같은 불안정한 재료 속에서, 임상적이고 절제된 미학 아래 표면을 매끄럽게 다듬는 행위는 규범 앞의 자기검열을 하나의 형식으로 바꾼다 — 정제된 비명(cri épuré). 주권적 수직성을 거부하는 그의 조각은 상호의존에 기반한 받침의 역학(dynamique de l'appui)을 작동시키고 사진은 구조가 무너지기 직전에 가까스로 버티는 미세한 떨림을 응시한다. 신체와 그 취약함은 결코 재현되지 않고, 하중을 전시하는 대신 이전(移轉)하는 장치(dispositif)로 옮겨진다. 글리상·버틀러·바라드·장자에 기대고 포스트미니멀리즘(헤세, 모리스, 세라)의 계보를 잇는 그의 작업에서, 불투명성은 미학이자 정치적 입장이 된다.

Born in 1991 in South Korea, Jongmo Kang works between Geneva, Lausanne, and Seoul. Rooted in an ontological queerness, the multidisciplinary practice of Jongmo approaches form as an ever-mutating "interlacing of forces." In fragile, unstable materials — voile, latex, hanji, Plexiglas — the smoothing of his surfaces, under a clinical and pared-down aesthetic, turns self-censorship before social norms into a form in its own right: a purified cry. Refusing sovereign verticality, his sculptures set in motion a dynamics of support grounded in interdependence, while his photographs watch for the faint tremor at which a structure holds at the edge of collapse. The body and its vulnerability are never depicted but displaced into dispositifs that transfer a load rather than exhibit it. Drawing on Glissant, Butler, Barad, and Zhuangzi, and on a post-minimalist lineage (Hesse, Morris, Serra), his practice makes opacity a position — aesthetic as much as political.
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