Ce que j'expose n'est pas le corps, mais le seuil de sa visibilité.
Mon travail — installation, sculpture, photographie — part d'un refus : celui de représenter le corps. Sa vulnérabilité n'y apparaît jamais comme image ; elle est déplacée dans des dispositifs qui produisent, suspendent et révoquent les conditions mêmes de son apparition. Une circulation d'eau fait affleurer une figure ; la lumière du jour refait l'œuvre chaque matin ; une dépouille de hanji garde la trace d'une transmutation. La matière n'illustre rien : elle performe.
J'appréhende la forme comme un entrelacs de forces — jamais un état, toujours une négociation. Cette intuition croise le réalisme agentiel de Karen Barad, pour qui les entités n'existent pas avant leurs relations mais émergent d'intra-actions, et le wuhua(物化) de Zhuangzi, où la métamorphose n'est pas le passage d'une identité à une autre, mais l'indistinction des frontières entre les êtres. Entre ces deux pensées, la mutation devient glissement : non pas rupture, mais frémissement infime par lequel une chose cesse d'être assignable.
Refusant la verticalité souveraine, mes sculptures engagent une dynamique de l'appui : elles tiennent parce qu'elles se tiennent les unes aux autres, fondées sur l'interdépendance plutôt que sur l'autonomie. Mes photographies guettent ce même point critique — l'instant où une structure se maintient au bord de la défaillance.
Le lissage de mes surfaces, sous une esthétique clinique et dépouillée, procède d'une expérience : celle de l'autocensure face aux normes. Plutôt que d'en faire un aveu, j'en fais une forme — un cri épuré. C'est là que ma pratique rejoint ce qu'Édouard Glissant nomme le droit à l'opacité : non le droit de se taire, mais celui de ne pas être réduit à la transparence. L'opacité est, dans mon travail, une position esthétique autant que politique — une queerness ontologique qui ne revendique pas une identité, mais desserre l'assignation elle-même.


내가 전시하는 것은 신체가 아니라, 그 가시성의 문턱이다.
설치, 조각, 사진을 아우르는 나의 작업은 하나의 거부에서 출발한다 — 신체를 재현하지 않겠다는 거부. 신체와 그 취약성은 결코 이미지로 나타나지 않으며 그 나타남의 조건 자체를 생산하고, 유예하고 철회하는 장치들 속으로 옮겨진다. 물의 순환이 형상을 떠오르게 하고 낮의 빛이 매일 아침 작품을 다시 만들며 한지 허물이 변모의 흔적을 간직한다. 물질은 아무것도 예시하지 않는다. 다만 수행한다.
나는 형태를 힘의 얽힘으로 파악한다. 형태는 결코 하나의 상태가 아니라, 언제나 진행 중인 협상이다. 이 직관은 두 사유와 교차한다. 존재가 관계에 앞서 존재하는 것이 아니라 내부-작용(intra-action)으로부터 창발한다고 보는 캐런 버라드의 행위적 실재론, 그리고 변신을 하나의 정체성에서 다른 정체성으로의 이행이 아니라 존재들 사이 경계의 흐려짐으로 사유하는 장자의 물화(物化). 이 둘 사이에서 변이는 미끄러짐이 된다. 이것은  단절이 아니라 사물이 더 이상 지정될 수 없게 되는 미세한 떨림이다.
군림하는 수직성을 거부하며 나의 조각은 기댐의 역학을 작동시킨다. 그것들은 서로에게 기대기 때문에 서 있으며 자율이 아닌 상호의존 위에 놓인다. 나의 사진은 구조가 무너짐의 가장자리에서 스스로를 지탱하는 순간 같은 임계점을 응시한다.
임상적이고 절제된 미학 아래 매끄럽게 다듬어진 표면은 하나의 경험에서 비롯한다. 그것은 규범 앞에서의 자기검열이다. 나는 그것을 고백으로 만드는 대신 하나의 형식으로 만든다. 정제된 비명. 바로 이 지점에서 나의 실천은 에두아르 글리상이 말한 불투명성의 권리와 만난다. 침묵할 권리가 아니라 투명성으로 환원되지 않을 권리. 내 작업에서 불투명성은 미학적인 동시에 정치적인 입장이다. 하나의 정체성을 주장하는 것이 아니라 지정 그 자체를 느슨하게 푸는 존재론적 퀴어니스이다.


What I exhibit is not the body, but the threshold of its visibility.
My work — installation, sculpture, photography — begins with a refusal: the refusal to represent the body. Its vulnerability never appears as an image; it is displaced into apparatuses that produce, suspend, and revoke the very conditions of its appearance. A circulation of water brings a figure to the surface; daylight remakes the work each morning; a hanji husk holds the trace of a transmutation. Matter illustrates nothing: it performs.
I apprehend form as an interlacing of forces — never a state, always a negotiation. This intuition crosses Karen Barad's agential realism, in which entities do not precede their relations but emerge from intra-actions, and Zhuangzi's wuhua(物化), where metamorphosis is not the passage from one identity to another but the blurring of boundaries between beings. Between these two thoughts, mutation becomes slippage: not rupture, but the faint tremor through which a thing ceases to be assignable.
Refusing sovereign verticality, my sculptures enact a dynamics of leaning: they stand because they hold onto one another, grounded in interdependence rather than autonomy. My photographs watch for that same critical point — the instant when a structure holds itself at the edge of failure.
The smoothing of my surfaces, under a clinical, pared-down aesthetic, proceeds from an experience: that of self-censorship in the face of norms. Rather than turning it into a confession, I turn it into a form — a purified cry. It is here that my practice meets what Édouard Glissant calls the right to opacity: not the right to remain silent, but the right not to be reduced to transparency. In my work, opacity is a position — aesthetic as much as political — an ontological queerness that claims no identity, but loosens assignment itself.

Back to Top